Nous nous faisions une joie d’aller à Bali, mais nous ignorions à quel point ces 15 jours
seraient une découverte pour toute la famille. La maison de Blablatu, en pleine brousse nous enchanta et DWI, notre guide entreprit de nous faire visiter l’île : des kilomètres de marche à pied dans le rizières, à la recherche des plantes, des insectes, que nous n’avions jamais vu. Rythmés par les : « DWI, quand est-ce que l’on arrive », de mes filles, nous avons découvert combien les Balinais étaient courageux, travailleurs sans relâche, avec le sourire, infatigable sous le soleil torride, prenant le temps de remercier les Dieux tout au long de la journée….
Que de splendeurs autour de nous, dans la nature…. Nous étions impatients et un peu inquiets de faire connaissance du filleul de Solenn : NENGAH avec qui nous avions déjà conversé par lettre, nous savions qu’il s’était fracturé le fémur un mois et demi avant et qu’il ne pouvait pas aller à l’école….
Mama Christine nous a conduit chez lui et le premier contact dans le village démuni nous émut beaucoup… Le regard inquiet, angoissé de Nengah : que pouvait-il bien penser de nous : « ils viennent de loin et me parraine pour que j’aille à l’école… et me retrouvent gisant sur le carrelage depuis 1 mois et ½, avec un vieux teeshirt sale » (son frère eut juste le temps de lui en lancer un propre lorsqu’il nous aperçut…) Aucun sourire, un air triste chez ce bel enfant cassé (accident de mobylette). Grâce aux conseils de Christine, à sa réflexion : comment essayer de l’aider sans le traumatiser et sans être trop interventionniste, mais nous l’avons conduit à 1h de route pour prendre des radios à l’hôpital : la fracture était grave, déplacée (en Europe elle aurait été opérée) et Nengah avait tenu bon, supporté la douleur grâce à des décoctions de plantes et à du repos.
Grâce à notre séjour, Nengah eut droit à un régime alimentaire adapté, à des séances de rééducation en eau de mer (thalasso gratuite !) quel bonheur de le voir nager avec ses frères et soeurs et nos 3 filles, jouer au volley dans l’eau avec un morceau de ….polystyrène ! Enfin un sourire radieux qui nous allait droit eu coeur ! Des rondelles de caoutchouc sous de vieilles béquilles (de véritables antiquités), et Nengah à pu ainsi bénéficier d’une remise à niveau en cours particuliers avec Juliana en attendant de retourner à l’école….
De la pauvreté dans le nord de Bali nous en avons vu, et nous avions envie de faire plus pour tous ces enfants…. Mais la philosophie de Mama Christine nous a éclairé : lorsque l’on est perdu dans la nuit, il suffit de voir briller une seule bougie pour reprendre espoir. Le sourire de Nenga est cet espoir. Nous souhaitons qu’il arrive à avoir un métier, à parler anglais : alors il pourra aider sa maman (veuve et pauvre) et ses frères et soeurs ! |
Les filles Dellassera-Lebret ;Maëlle,Solène,Louise avec Dwi dans la complicité et la joie
En traversant Amed , nos filles nous ont fait cette réflexion : « regardez la route qui sépare à gauche les restos chics ou les gens ont l’air de s’ennuyer, et à droite le village pauvre ou habite Nenga et où les gens rigolent et jouent au cartes »… en effet….
Bali aux mille temples, pays coloré sur les revues publicitaires touristiques, mais aussi pays très subtil, très intérieur, très profond, qui ne se livre pas aux tours opérateurs à qui il déverse des tonnes de souvenirs de pacotille….Le sourire des Balinais est étincelant (en espérant que les bonbons des warrung de les abîment pas) mais il cache une réflexion sur la vie, le travail, la fête, le temps qui passe, la mort, qui nous a impressionné….
Merci à Christine, Fadoi, Joan, Juliana, Dwi, Katharina, Adèle, Made, Kadek et les autres.
Le plus beau voyage de ma vie.
Dans l’avion pendant le voyage de retour, j’ai réalisé que nous avions oublié d’aller à
Kuta !
Dr. Myriam Dellassera, Thierry, Solenn, Louise et Maëlle
Famille Dellassera-Lebret entourant leur filleul Nengah
|